Qu'est-ce que la médecine clinique ?

C'est celle du contact direct entre le patient et son médecin.


Quel est son but ?

Maintenir le patient dans sa globalité, sans le priver des avancées des sciences biomédicales.


Qui pratique réellement aujourd'hui la médecine clinique ?

Ceux, parmi les praticiens libéraux ou hospitaliers, spécialistes ou généralistes, qui sont capables de résister aux pressions normatives et marchandes et d’aiguiser leur regard social.


Cette médecine n'est-elle pas révolue ?

Il est certain que l’évolution rapide des sciences biomédicales au cours des dernières décennies a bouleversé l'approche clinique du patient. Les étudiants désertent les disciplines cliniques et les métiers dits du "soin primaire"
Cependant, ces progrès biomédicaux sont souvent mal maîtrisés; c'est pour cela que nous avons besoin, plus que jamais, de cliniciens très compétents.


D'une certaine façon, ne s'oppose-t-elle pas aux progrès des biotechnologies ?

Au contraire, elle reconnaît les nombreux bénéfices de tous ces progrès et s'efforce de ne pas les dévoyer.
Elle réfléchit aux meilleures conditions de leur mise en oeuvre et se pose toujours la question de leurs résultats réels en termes de santé individuelle et publique.


Qu'apporte-t-elle réellement aux patients ?

L’intérêt du patient est précisément le seul objectif de la médecine clinique. Le clinicien choisit pour son patient une solution basée sur une analyse individuelle qui ne coïncide pas forcément avec les recommandations officielles basées sur des données statistiques.
Le médecin clinicien doit faire profiter son patient des progrès de la médecine tout en le protégeant de ses excès...


N'est-ce pas devenu impossible aujourd'hui ?

En effet, la tâche n’est pas facile. Il faut à la fois contraindre la science à plus de rigueur et lutter contre l’asymétrie de la relation entre patients et institutions. Il faut aussi lutter contre les nombreuses sources de désinformation ou de manipulation de l'information.


Quels sont les risques et les écueils ?

Il faut éviter de sombrer dans un humanisme dépourvu de rigueur, dans des pratiques obscurantistes dépourvues de preuve ou dans un scientisme dépourvu d’éthique.

L’avenir du soin et le maintien de la globalité du patient sont à ce prix...