
Le blog est intitulé "Humeurs médicales" en référence au titre de l’un de ses essais. Il s’agit de petites chroniques soit humoristiques, soit épistémologiques, soit les deux à la fois ! Elles paraissent dans la revue "Le Généraliste."
Luc Perino continue inlassablement à y militer pour plus de rigueur clinique et scientifique tout en dénonçant les dérives du système sanitaire et sa soumission au marché ou à la démagogie.
Il s’adresse essentiellement à ses confrères et aux acteurs institutionnels, mais ces textes sont repris ici pour un plus large public avec l’autorisation de la rédaction du Généraliste.
Il devient urgent pour la santé publique, pour l’information éclairée des patients et pour le respect de la science clinique de réagir face aux erreurs et/ou mensonges en provenance du ministère de la santé.
Une publicité récente entendue sur France Inter (entre autres) pour encourager au dépistage du cancer du colon déclare 9 guérisons sur 10 lorsque le cancer est dépisté.
Aucune étude, ni française, ni internationale ne fait état d’un tel taux de 90% de baisse de mortalité. Toutes les études à méthodologie correcte font état d’une baisse de mortalité variant entre 20% et 30% grâce au dépistage.
Le cancer est une pathologie trop grave, un sujet scientifique trop sérieux pour supporter la moindre tricherie. Mentir, même pour une cause que l’on croit noble, risque d’être contre-productif en jetant la suspicion sur les moteurs de l’action sanitaire publique.
Nous pouvons comprendre ce genre de manipulations en provenance d’industriels guidés par le profit, mais on arrive mal à percevoir les motifs de telles supercheries en provenance du ministère. Nous sommes également troublés par la timidité des réactions de l’université chargée précisément d’enseigner à traquer de tels biais et supercheries.
L’information éclairée du patient devrait annoncer que le dépistage permet de protéger 2 à 3 patients sur 10. C’est une information déjà très encourageante qui a le mérite d’être juste, de respecter la dignité des citoyens et de leur permettre d’exercer leur libre-arbitre indispensable à la décision partagée et à l’éthique médicale.