
Le blog est intitulé "Humeurs médicales" en référence au titre de l’un de ses essais. Il s’agit de petites chroniques soit humoristiques, soit épistémologiques, soit les deux à la fois ! Elles paraissent dans la revue "Le Généraliste."
Luc Perino continue inlassablement à y militer pour plus de rigueur clinique et scientifique tout en dénonçant les dérives du système sanitaire et sa soumission au marché ou à la démagogie.
Il s’adresse essentiellement à ses confrères et aux acteurs institutionnels, mais ces textes sont repris ici pour un plus large public avec l’autorisation de la rédaction du Généraliste.
Quelques articles récents parlent de découverte de gènes du tremblement essentiel et d’éventuelles molécules qui pourraient (au conditionnel) réduire ce trouble très invalidant. Voilà une bonne occasion de rappeler que découvrir un gène et lancer un médicament ne suffisent pas à créer une pathologie.
Le tremblement essentiel n’est pas exactement une particularité physiologique liée à l’âge, comme la ménopause ou la presbytie, mais ce trouble est si fortement corrélé au vieillissement, comme les rides ou l’arthrose, que le mot « maladie » est impropre à le désigner. Le fait d’avoir découvert un gène ne change rien, car la plus ou moins grande précocité des caractéristiques physiologiques et biologiques du vieillissement et toutes les particularités anatomiques de l’individu sont, par nature, liées à des gènes.
Enfin, l’apparition d’une molécule est insuffisante pour inventer une maladie, de même que l’apparition de chirurgiens esthétiques raccourcissant le nez ne changent pas le fait qu’un long nez est une particularité anatomique et non une maladie.
Les articles disent volontiers que cette « maladie » est sous-diagnostiquée, cela parait très étrange pour un trouble très invalidant !
La transformation d’un fait physiologique du vieillissement en maladie, l’affirmation péremptoire de sous-diagnostic d’une soi-disant grave maladie, la découverte d’un nouveau gène et enfin l’étude en cours d’un médicament miracle, font partie des ficelles du pré-marketing pharmaceutique.
Nous devons tous : médias, médecins, chercheurs, rester vigilants à ne devenir ni les jouets ni les acteurs de ces manipulations.
Je serai cependant ravi si, un jour, un médicament, efficace et sans effets indésirables, arrivait (au conditionnel) à atténuer cette quasi particularité physiologique du vieillissement !