Bien que les théories de l'évolution aient permis la naissance de la biologie en tant que science, la médecine évolutionniste est peu enseignée. Cette nouvelle discipline peut pourtant bouleverser nos conceptions de la physiolopathologie et de la thérapeutique.
Ses auteurs, experts reconnus dans leur domaine biologique, médical, épistémologique ou anthropologique, explorent les causes phylogénétiques des problèmes de santé et envisagent les applications médicales potentielles et réelles de cette approche.
Son caractère novateur exigeant circonspection et rigueur scientifique, toutes les hypothèses sont soumises à la contradiction des pairs et ne sont admises qu'après la preuve de leur concordance avec d'autres approches ou la démonstration par les faits.
Etude sur le risque de cancer du sein dans une perspective évolutionniste de l’histoire de la vie.
Le risque de cancer du sein semble être lié à une variété de traits d'histoire de la vie tels que l'âge de la puberté, la parité, la synchronisation reproductrice ou l'âge de la ménopause. Nous passons en revue la littérature sur les facteurs de risque de cancer de sein dans une perspective évolutionniste afin de suggérer un cadre plus général de prédisposition à ce cancer.
Ces cancers de sein sont souvent classés en fonction du nombre de récepteurs hormonaux (HR). Les HR+ ont une surexpression des récepteurs aux œstrogènes et à la progestérone. Les HR- possèdent ces récepteurs en nombre normal.
Nous faisons l’hypothèse que les cancers HR+ sont associés aux traits lents de l’activité génitale, par exemple : première grossesse retardée, peu de progéniture, peu d’allaitement, ménopause tardive. Ces femmes ont une exposition accrue aux hormones du cycle, car elles ont plus de cycles. Ces hormones cycliques comme les œstrogènes et la progestérone ont donc plus d’impact sur les cellules du sein et augmentent leurs occasions de proliférer tout en baissant le taux d’apoptose.
A l’opposé, nous présumons que les cancers HR- sont liés à des traits rapides de l’histoire de la vie génitale (fertilité précoce, plus d’enfants, ménopause précoce) soit un vieillissement reproducteur plus rapide. Dans les stratégies de l’évolution, chez plusieurs espèces animales, ce gain reproductif se fait aux dépens des facultés d’entretien et de réparation somatiques. Ceci peut mener à des taux plus élevés de prolifération cellulaire, à plus de mutations accumulées et à une plus grande réceptivité des tissus reproducteurs aux facteurs de croissance. Favorisant à la fois la reproduction et la prolifération néoplasique. La corrélation négative entre reproduction précoce et longévité a été prouvée dans plusieurs espèces animales. [1 ]
Ainsi, les cancers HR- seraient plus fréquents chez les femmes dont l’histoire génitale a des traits rapides et ils dépendraient davantage des risques environnementaux extrinsèques. Tandis que les cancers HR+ seraient liés à l’agression hormonale intrinsèque.
Référence principale : C. Athéna Aktipis, R.A. Hiatt et B.J. Ellis. HBES. 23rd annual conference. Montpellier. July 2011