Bien que les théories de l'évolution aient permis la naissance de la biologie en tant que science, la médecine évolutionniste est peu enseignée. Cette nouvelle discipline peut pourtant bouleverser nos conceptions de la physiolopathologie et de la thérapeutique.
Ses auteurs, experts reconnus dans leur domaine biologique, médical, épistémologique ou anthropologique, explorent les causes phylogénétiques des problèmes de santé et envisagent les applications médicales potentielles et réelles de cette approche.
Son caractère novateur exigeant circonspection et rigueur scientifique, toutes les hypothèses sont soumises à la contradiction des pairs et ne sont admises qu'après la preuve de leur concordance avec d'autres approches ou la démonstration par les faits.
Les maladies rénales sont plus fréquentes chez les américains d’origine africaine que chez ceux d’origine européenne.
La raison semble être majoritairement génétique. Les africains ont, en rapport avec la séquence spécifique du chromosome 22 qui encode l’apolipoprotéine L-1 (APOL1), une risque augmenté de développer une hypertension par insuffisance rénale ou sclérose glomérulaire segmentaire. Ces variants ne sont pas présents sur les chromosomes des Européens.
Une des particularités de cette variété de l’APOL1 est de pouvoir lyser et tuer les trypanosomes responsables de la maladie du sommeil.
Le plus étonnant est qu’il s’agit de l’allèle lié au risque, et non « l’allèle primitif » qui est capable de protéger de la maladie du sommeil.
Ainsi, la sélection de cet important facteur de survie en Afrique a pu contribuer à favoriser ce taux élevé d’insuffisance rénale chez les Afro-Américains.
Référence:
G. Genovese, D. J. Friedman and al. “Association of Trypanolytic ApoL1 Variants with Kidney Disease in African Americans”. Science 13 August 2010: Vol. 329. no. 5993, pp. 841 – 845 DOI: 10.1126/science.1193032