Bien que les théories de l'évolution aient permis la naissance de la biologie en tant que science, la médecine évolutionniste est peu enseignée. Cette nouvelle discipline peut pourtant bouleverser nos conceptions de la physiolopathologie et de la thérapeutique.
Ses auteurs, experts reconnus dans leur domaine biologique, médical, épistémologique ou anthropologique, explorent les causes phylogénétiques des problèmes de santé et envisagent les applications médicales potentielles et réelles de cette approche.
Son caractère novateur exigeant circonspection et rigueur scientifique, toutes les hypothèses sont soumises à la contradiction des pairs et ne sont admises qu'après la preuve de leur concordance avec d'autres approches ou la démonstration par les faits.
La « phylogéographie» peut être définie comme une branche de la phylogénétique qui tente de retracer l’origine géographique des mutations au cours du processus évolutif d’une espèce donnée.
Cette science fondamentale de haut niveau peut avoir des retombées médicales.
Un exemple en est donné dans un article de Science au sujet des staphylocoques résistants à la méthicilline dont on sait qu’ils sont responsables de milliers de morts chaque année.
Harris et ses collaborateurs ont analysé les génomes de ces staphylocoques en essayant de trouver les différences d’un hôpital à l’autre. La méthode utilisée a consisté à étudier le polymorphisme d’une séquence nucléotidique (ST239) connue pour être à l’origine des mutations provoquant la résistance. Elle a permis de découvrir que la ST239 serait apparue en 1960 en Europe.
Ensuite, le taux d’apparition de cette mutation dans divers pays a pu être significativement corrélé au niveau d’utilisation des antibiotiques dans chacun de ces pays.
On peut espérer que l’amélioration des techniques de séquençage et la baisse de leur coût permettra bientôt de mieux comprendre les causes d’apparition de résistance aux antibiotiques, ainsi que les mécanismes d’augmentation de virulence.
Référence
Harris SR et al. “Evolution of MRSA during hospital transmission and intercontinental spread.” Science. 2010 Jan 22; 327(5964):469-74.