Bien que les théories de l'évolution aient permis la naissance de la biologie en tant que science, la médecine évolutionniste est peu enseignée. Cette nouvelle discipline peut pourtant bouleverser nos conceptions de la physiolopathologie et de la thérapeutique.
Ses auteurs, experts reconnus dans leur domaine biologique, médical, épistémologique ou anthropologique, explorent les causes phylogénétiques des problèmes de santé et envisagent les applications médicales potentielles et réelles de cette approche.
Son caractère novateur exigeant circonspection et rigueur scientifique, toutes les hypothèses sont soumises à la contradiction des pairs et ne sont admises qu'après la preuve de leur concordance avec d'autres approches ou la démonstration par les faits.
Etude de l'effet de l’apparence du bébé sur des observateurs enfants et adultes.
Les bébés sont assurément mignons et ceci est attribué, la plupart du temps, à certaines caractéristiques physiques et comportementales.
Le visage poupin, en particulier, séduit et attire les adultes par un ensemble de traits qui le caractérisent tels que de grands yeux, un visage rond et une grosse tête.
Cependant peu d'expériences ont étudié l'expression ontogénétique de cette affection pour les bébés.
Le but de cette étude était d’analyser empiriquement l'effet de la morphologie poupine sur l’impression de gentillesse ressentie par des enfants et des adultes.
Un ensemble de photos de bébé transformées par variations de degrés de caractères poupins a été montré à des volontaires : Photos à caractères poupins renforcés, photos originales et photos à traits poupins atténués. Les caractères manipulés étaient la taille des yeux, des joues et de la tête.
Les participants ont été invités à désigner le bébé le plus mignon et ils ont dû expliquer leurs choix en précisant quels traits avaient influencé leurs décisions.
Comme on pouvait s’y attendre, les adultes et les enfants ont désigné les visages transformés en plus poupins comme les plus mignons. Les sujets ont mentionné les caractéristiques physiques plus fréquemment que les caractéristiques comportementales ou que d’autres items.
Cependant, les adultes ont cité des caractéristiques physiques et comportementales plus souvent que les enfants qui ont, eux, relevé d’autres items plus fréquemment que les adultes.
Pour les caractéristiques physiques, les sujets ont cité les traits poupins bien plus souvent que les traits adultes, neutres ou non spécifiques.
Les traits les plus souvent mentionnés étaient les yeux, les joues, la graisse et la tête.
Les adultes ont mentionné les yeux plus souvent que les enfants, lesquels ont mentionné divers autres traits plus souvent que les quatre précités.
Nos résultats suggèrent qu'il y a beaucoup de similitudes entre adultes et enfants pour la perception de gentillesse, en particulier en ce qui concerne l’identification des traits poupins. Bien que les adultes identifient ces traits plus nettement que les enfants.
Les sciences de l’évolution nous font considérer que malgré l’immaturité des capacités cognitives, les enfants possèdent déjà certains mécanismes intimes qui les préparent à prendre soin des plus petits. Ce qui peut se révéler utile en cas de carence parentale.
Ref : Monique Leitão, R. Castelo-Branco, C. Dantas, F. Lopes & M.E. Yamamoto. HBES. 23rd annual conference. Montpellier. July 2011