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L’éducation sanitaire des citoyens est une priorité de santé publique. La majorité des excès et dérives de la médecine provient du manque d’information ou d’informations biaisées.
Au-delà de la formation des étudiants, des médecins et des enseignants, Luc Perino considère son engagement dans la vulgarisation médicale comme essentiel.
Dans le cadre des actualités Claude Bernard de la faculté de médecine de Lyon, il participe activement à cette information.
Tous les textes de ce site sont validés par le comité de lecture de l’université de Lyon et sont exempts de conflits d’intérêt.
- Tendon : tissu robuste et faiblement élastique composé essentiellement de collagène et d’élastine, reliant un muscle à l’os. Le tendon se divise schématiquement en trois parties : la zone d’insertion sur l’os, le corps du tendon et la zone d’insertion sur le muscle. Les tendons sont souvent protégés par une gaine dans laquelle circule un liquide de lubrification appelé synovie ou liquide synovial.
- Tendinite signifie littéralement inflammation d’un tendon. Ce mot est souvent utilisé par extension pour toutes les pathologies du tendon même lorsqu’elles ne sont pas inflammatoires.
- Tendinopathie : Mot utilisé par les spécialistes pour désigner les maladies du tendon
- Ténosynovite : désigne l’inflammation du tendon, de sa gaine et du liquide synovial. Les tendinites sont en réalité très souvent des ténosynovites.
- Tendinite d’insertion : lorsque la lésion concerne la jonction entre le tendon et l’os
- Epiphysite : synonyme de tendinite d’insertion, car les tendons s’insèrent sur des épiphyses osseuses.
- Bursite : désigne l’inflammation des bourses séreuses situées entre certains tendons et les os sur lesquels ils coulissent.
- Ligament : à la différence du tendon, les ligaments relient deux os entre eux. Ils sont plus robustes et moins élastiques que les tendons. La pathologie du ligament est l’entorse (bénigne si le ligament est étiré, grave si le ligament est rompu.) (Entorses et ligaments sont ici hors sujet.)
Des douleurs au niveau des articulations sont souvent attribuées à tort à des douleurs arthrosiques ou rhumatismales, ce sont en réalité des tendinites dont le diagnostic est moins évident que celui du classique « tennis elbow. »
Les radiographies, échographies, arthroscopies et IRM souvent pratiquées sont coûteuses et inutiles pour le diagnostic de tendinite, (même en cas de rupture du tendon.) Le diagnostic de tendinite est avant tout clinique (interrogatoire, examen et manœuvres par le médecin.) Les IRM ne sont utiles que s’il y a une décision chirurgicale.
Les tendinites sont dues, le plus souvent, à une trop forte sollicitation des tendons : mouvements brusques, mouvements répétitifs, tensions trop brutales, sport intensif, etc. Il peut aussi y avoir des tendinites par compression, frottement ou traumatisme direct sur le tendon. Il existe aussi des tendinites d’origine médicamenteuse (essentiellement les antibiotiques de la famille des fluoroquinolones utilisés dans les infections urinaires et pulmonaires, mais aussi quelques médicaments contre le cholestérol)
Généralement, une tendinite correspond à des lésions ou ruptures microscopiques de fibres tendineuses. La cicatrisation de ces lésions dure un mois quel que soit le traitement.
Les tendinites récidivent lorsque le tendon présente des irrégularités ou lorsqu’il coulisse dans une zone présentant des irrégularités ; les mouvements et frottements vont alors provoquer plus rapidement l’inflammation.
Tous les tendons de l’organisme peuvent théoriquement être concernés. En pratique, certaines tendinites sont plus fréquentes :
Les tendinites évoluent vers la guérison avec la mise au repos du tendon. Les ruptures sont rares, elles se produisent lorsque le tendon est étiré au-delà de 8% de sa longueur, (un tendon peut s’étirer sans douleur jusqu’à 5% de sa longueur)
Le traitement est le repos. On peut aussi utiliser de la glace. Les anti-inflammatoires sont pratiquement sans effet. Le repos du tendon peut être absolu ou relatif, parfois il peut être utile de faire des mobilisations passives et des élongations modérées pour éviter que le tendon se rétracte en cicatrisant.
Les infiltrations sont de plus en plus contestées et de moins en moins utilisées, car elles entraînent des fibroses du tendon qui pourrait gêner le chirurgien en cas d’intervention. Au niveau de l’épaule, les infiltrations permettent de soulager assez rapidement les douleurs intenses.
La prescription du repos nécessite une grande pédagogie, car elle est très difficile à faire admettre à un sportif. Pourtant, aucun traitement ne peut être efficace, sans le repos, même chez les sportifs de haut niveau !
La chirurgie reste exceptionnelle dans les formes invalidantes ou hyperalgiques. Elle consiste à nettoyer le tendon de ses aspérités et à libérer son passage pour éviter les frottements. On peut aussi pratiquer des allongements du muscle ou des dénervations.
Plus rarement, la mise au repos absolu du tendon nécessite la pose d’un plâtre.
Comme toujours, les résultats sont meilleurs lorsque le patient a bien compris sa pathologie.
La démocratisation de tous les sports et la culture du record obligent à faire de la prévention et de l’éducation sanitaire. Il est très important de faire des élongations pour étirer les tendons avant tous les matchs ou épreuves sportives. Il faut s’hydrater beaucoup, car le tendon contient 70% d’eau et la synovie 99% !
Il est important de prévenir les patients des dangers des anti-inflammatoires et de la cortisone qui ne dispensent jamais du repos.